Le cinéma de Mireille

Aucun lien avec un certain « petit conservatoire » sinon l’homonymie du prénom, mais si elle n’est pas passée par un conservatoire, Mireille FIEVET n’en est pas moins une grande comédienne, et son parcours, pour atypique qu’il soit, l’a menée de la scène aux studios, en passant par l’enseignement du théâtre dans sa propre école.

Mais c’est avant tout une enfant du pays, toute heureuse de revoir ses ami(e)s d’enfance et de partager ses souvenirs avec ceux et celles qu’elle a connu(e)s « sur les bancs de l’école », même si les aléas de la vie l’ont éloignée depuis longtemps de la commune. Et ce qui n’était qu’une rencontre de hasard est devenue l’occasion pour elle de retrouver ses racines et de « faire son cinéma ».

Au cours de cette soirée animée par Laurent DUPRET, elle a pu en effet nous dévoiler toutes les facettes de son talent, de comédienne à réalisatrice, à travers un premier court-métrage, « Un jour comme un autre…ou presque » sélectionné au Festival de Cannes 2017, où l’on ressent déjà toute l’émotion de ces tranches de vies anonymes brisées un jour par le destin…

Heureusement l’excellente soupe à l’oignon servie à l’entracte a permis aux spectateurs de se refaire une santé et de témoigner à Mireille leur admiration pour la qualité d’interprétation de ce premier film, où l’on découvre le talent de jeunes comédiens comme ceux qu’elle a pu former dans sa Boîte à mômes puis à Cinébam, en les faisant travailler « sur la justesse des émotions, des sentiments, sur le ressenti ou la vérité du jeu ». Et c’est d’ailleurs cette même vision de l’ambiguïté des personnages que l’on remarque encore dans « Juste une mise au point », le long métrage réalisé par Sabine NOUCHI avec un minimum de budget dans un chalet de montagne, et dont elle nous offre l’exclusivité. Ce magnifique huis-clos entre les membres d’une même famille réunis pour l’anniversaire du père, ou Mireille FIEVET incarne elle-même la belle-mère, est le « théâtre » de leurs affrontements, nés de la déchirure d’avoir perdu leur mère, avant qu’ils ne se dépouillent de leur carapace et renouent avec l’affection d’une vraie fratrie. Un double « happy end » pour ce film qui nous fait oublier pour un temps la mesquinerie, sinon la cruauté parfois de nos rapports familiaux, et pour conclure notre Cinésoupe grâce à cette séance de dédicaces que Mireille est heureuse de distribuer à ses amis d’enfance.