Le concert de l'avenir !

Un moment doublement historique – A l’heure où son chef actuel s’apprête à transmettre sa baguette, l’Harmonie L’Avenir fête ses 90 ans d’existence et prend un nouvel élan. Car « malgré son grand âge, cette grande dame reste toujours aussi active et dynamique ». C’est en « président heureux » que Stéphane POBEREJKO annonce ainsi l’ouverture de ce concert de gala, qui réunit à nouveau musiciens et choristes dans le cadre des manifestations du centenaire de la guerre 14/18, devant plus de 300 spectateurs impatients de les écouter.

Et le premier morceau « Music for a princely birth », interprété par l’orchestre sous la direction de Daniel VALOGNES, fait d’ailleurs référence à la naissance de leur propre harmonie et rend un vibrant hommage à Alfred PLUVINAGE, adjoint au maire de l’époque et fondateur en 1927 de la première société de musique, ainsi qu’à Oscar BEAUMONT son tout premier directeur. Avec la « Ballade nord irlandaise », les musiciens renouent ensuite avec la tradition des concerts de Noël, quand les choristes interprétaient déjà avec eux cette chanson de Renaud, pour nous délivrer un véritable message de paix.

Après le « Concertino pour flûtes » qui met en valeur un trio de solistes directement issus de l’Ecole de musique, devenue au fil des ans le vivier de l’orchestre, les choristes reprennent de la voix pour évoquer avec beaucoup d’émotion la jeunesse perdue et les « amours mortes » de Charles Trenet. Mais l’espoir revient avec le titre suivant, dans un style délibérément « jazzy » et sous la direction cette fois de Clément PETETIN, qui montre déjà les signes de son talent et sa complicité avec les musiciens pour les faire « swinger » tour à tour au rythme de chaque séquence. L’ambiance est d’autant plus émouvante et nuancée avec la nouvelle intervention du choeur sous la direction de Dominique PETETIN, qui tente en effet de nous faire deviner ce qui se cache « Derrière les mots », dans une belle harmonisation à quatre voix de la dernière chanson de Laurent Voulzy et Alain Souchon, chaleureusement accueillie par le public.
C’est le moment que choisit Jean-Marie PETETIN, tel un arbitre sur le ring, pour faire le passage de témoin entre les deux chefs de musique. D’un côté « Clément, 22 ans, toujours étudiant, entré à l’Harmonie à l’âge de 9 ans, derrière sa petite caisse claire, aujourd’hui devenu un des piliers du staff de percussions, et pareillement capable d’accompagner le chœur au piano. De l’autre, « Daniel, 60 ans. Il a obtenu sa première trompette à l’âge de 7 ans. Entré à l’Harmonie en 1987, il la dirige depuis l’année 2000 » et l’entraîne depuis vers d’autres défis, telle cette suite de concerts avec les choristes. Aujourd’hui ils s’échangent la baguette, comme durant ce concert. Demain Clément PETETIN sera ainsi le nouveau directeur de l’orchestre. Et la première partie s’achève sur un monument de la musique celtique « The lord of a dance » qui débute par un solo de flûte avec Julie…, une autre artiste de la famille !

Après l’intermède habituel qui permet aux musiciens et choristes de retrouver leurs proches, les artistes rejoignent à nouveau la scène. Quelques notes d’harmonica, et voilà le public prêt à suivre « el gringo » et son orchestre dans l’univers du « western-spaghetti » avec ce « Moment for Morricone ». Puis retour au pays avec le chantre du renouveau d’après-guerre et une nouvelle partition pour le choeur qui fait écho à la voix de Michel DUMONT pour chanter « Douce France ». De Trenet à Bécaud, on change alors d’atmosphère et le rythme de l’orchestre accompagne les plus grands tubes de « Monsieur 100.000 volts » avec la même énergie, telle qu’on la retrouve encore  dans la musique comme dans les voix, «Quand on veut chanter l’espoir » à la manière de Claude Nougaro dans sa chanson dédiée à Armstrong. Poursuivant sa présentation du concert, Jean-Marie PETETIN évoque ensuite le souvenir de la BA103 dans l’histoire locale pour qualifier l’hommage que lui rend l’ Harmonie en prenant son envol avec « Top gun », magistralement interprété par les cuivres.

Leur résonance se prolonge outre-Manche et nous replonge encore dans la musique anglo-saxonne avec l’apparition de la cornemuse de Philippe LAUDE dans « Highland cathedral », dont la solennité accompagnera d’ailleurs la bénédiction finale lors de la messe du souvenir. Vient enfin le moment des remerciements où Daniel VALOGNES évoque son parcours comme chef de musique et redit sa gratitude pour le soutien indéfectible des deux communes pour l’ Harmonie, avant de céder le micro à Mme RINGEVAL et Mme DOIGNEAUX, lesquelles ne tariront pas d’éloges sur la qualité de ce concert, à la hauteur de l’événement et gage de leur foi en l’avenir.

Les choristes profitent d’ailleurs de ce dernier intermède pour venir remercier leur chef de « coeur » Dominique PETETIN et les deux chefs de musique pour leur avoir permis de revivre cette belle aventure musicale. Et le concert s’achève avec un dernier choral, le plus emblématique peut-être de cette fusion entre la musique et les voix, avec le célèbre « Choeur des esclaves » du Nabucco de Verdi, accueilli par une « standing » ovation du public.