Nous ne les oublions pas

Après les nombreuses commémorations qui perpétuaient cette année la mémoire de tous ceux qui ont sacrifié leur vie pour libérer notre territoire, dans le cadre notamment du 100ème anniversaire de la Bataille de Cambrai, une dernière cérémonie du souvenir s’est déroulée chez nous le samedi 2 décembre devant un autre monument pour témoigner du sacrifice de cette troisième génération qui a vécu le drame d’une nouvelle guerre. Cette stèle inaugurée en 2007 à la mémoire des combattants d’Afrique du Nord fait écho en effet au monument érigé cinq ans plus tôt « au coeur de la capitale » pour « témoigner de la reconnaissance de la nation » envers toutes les victimes civiles et militaires d’une guerre »qui n’en portait pas le nom » et dont « le souvenir demeure vivace et douloureux ».

Un espace de mémoire

Installé au dojo de la salle des sports, un espace d’exposition était ainsi dédié à la vie trop courte de ces poilus, à commencer par les dessins des enfants de l’école Jules Ferry détournant naïvement l’usage des armes, ou faisant le portrait de ces « gueules cassées ». Mais ils remerciaient aussi à leur manière les soldats canadiens en dispersant des feuilles d’érable sur les branches et au pied de leur « arbre du souvenir », sans parler du globe terrestre auquel s’accrochaient les colombes de la paix.

Un peu plus loin, quelques panneaux évoquaient la mémoire de nos poilus à travers les cimetières et monuments aux morts du Cambrésis. Le souvenir de ces années de guerre et de notre libération par les soldats canadiens faisait encore l’objet d’une exposition de photos anciennes, extraites des pages qui leur sont consacrées dans l’histoire de notre commune, et commentées par leur auteur Arnaud GABET, président de l’association « Cambrésis terre d’histoire ».

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Mais la triste réalité du sacrifice de ces soldats était surtout personnifiée par leurs véritables portraits, extraits du livre d’Isabelle et Pierre PIETRZAK, également présents sur ce salon avec Raphaël WIART, président du GGAC. Les photos de tous ces enfants de la commune avec leurs états de service les rendent d’autant plus présents dans nos mémoires et témoigneront encore de l’hommage qui leur a été rendu lors de cette grande commémoration.

Trois drapeaux pour une stèle

L’inauguration officielle du Square des Canadiens, et de la stèle érigée en leur honneur par les soins émérites de Dominique LELY et son équipe, était présidée par une double délégation du Canada et du Québec, en la personne de John DESROSIERS, Directeur des opérations européennes au Ministère des Anciens Combattants du Canada, et de Julie MIVILLE-DECHENE de la délégation du Québec, permanente du Canada auprès de l’Unesco à Paris. De nombreux maires et élus de l’arrondissement avaient ainsi répondu à notre invitation, comme le député  Guy BRICOUT, le conseiller départemental  Nicolas SIEGLER, le ministre Jacques LEGENDRE et le maire de Cambrai F.X. VILLAIN, mais aussi le sous-préfet Thierry HEGAY et d’autres personnalités comme Brigitte DECEUKELEIRE présidente de Cambrésis Hainaut Québec, le président  des ACPG du secteur Cambrai/Avesnes Alain DACCARETT et celui de la section locale Michel DEZ, de nombreux militaires en tenue et les porte-drapeaux des associations patriotiques. Tous ont d’abord assisté à la messe du souvenir solennellement animée par les musiciens de l’Harmonie L’Avenir de Raillencourt Ste Olle et Sailly lez Cambrai, sous la direction de Daniel VALOGNES, et avec la participation remarquée de Philippe LAUDE à la cornemuse.

Après la bénédiction finale par l’abbé Mathieu DERVAUX des trois drapeaux, français, canadien et québécois, l’assemblée s’est dirigée vers le square, où les attendaient déjà les enfants des écoles encadrés par M.GALLAND et Mme LAUT, pour procéder à la levée des couleurs, au gré d’un protocole très précis, géré successivement par Yves VAN RYSSELBERGHE et Denis VANDENBERGHE, à commencer par l’arrivée du drapeau français porté par un premier groupe de quatre jeunes volontaires. Une fois l’étendard hissé en haut du mât, les enfants ont répondu un par un à l’appel de chaque nom énoncé d’une voix forte par notre adjoint en venant planter une petite ardoise (confectionnée par Laurent DUPRET) pour identifier chacun de nos 46 poilus au pied de chaque rosier.

Puis les drapeaux canadien et québécois ont été apportés selon le même rituel avant d’être hissés à leur tour au sommet de leurs mâts pour flotter fièrement aux côtés des couleurs françaises. Mme le Maire pouvait alors s’avancer au pied de la stèle, accompagnée des deux délégués et des autres officiels, pour couper le ruban tricolore et dévoiler enfin la plaque, qui symbolise ainsi la reconnaissance de notre commune pour le sacrifice de tous ces soldats, comme en témoignent les nombreuses gerbes déposées ensuite au pied du monument. Après une dernière sonnerie aux morts, les musiciens ont interprété l’hymne canadien et la Marseillaise et rejoint la route d’Arras pour emmener le défilé vers la salle des sports.

Des champs de coquelicots

A leur arrivée dans cette salle, tous les officiels et participants de cette belle commémoration ont pu admirer la décoration des lieux où les feuilles d’érable rivalisaient en taille avec le triptyque de Fanny LEMAZURIER reproduisant à l’échelle de notre clocher le mot célèbre d’un certain général lors de la libération de Paris. Et le champ de quelque 3000 coquelicots, façonnés par les enfants du centre de loisirs sous la direction de Delphine DUGAVE et disposés au sol avec l’aide des services techniques, en a déjà impressionné plus d’un.

Mais la nouvelle démonstration de la participation des jeunes à cette cérémonie du souvenir vient aussi de la conviction avec laquelle ils ont interprété certains chants, et notamment l’hymne patriotique. Sous la direction successive de Mme DEMOULIN, de M. DANSAULT et de Mme DENIS, ils ont fait naître l’émotion et revivre l’espoir avec les « Mille colombes » de Mireille Mathieu et « Le Soldat » de Florent Pagny, avant de chanter « La Marseillaise » avec une vigueur que leur envieraient beaucoup d’adultes.

« Au champ d’honneur, les coquelicots sont parsemés de lot en lot auprès des croix, et dans l’espace les alouettes devenues lasses mêlent leurs chants au sifflement des obusiers » En citant ce célèbre poème de guerre, écrit en 1915 par le Lieutenant-Colonel John Mac Crae, Mme le Maire reprenait justement ce symbole floral du sacrifice de nos soldats choisi par les enfants pour saluer leur belle participation, tant au niveau de l’exposition que de la cérémonie, sans parler de leur enthousiasme à chanter ainsi la paix retrouvée. Une paix que la commune doit encore au sacrifice « des 367 soldats canadiens ou québécois disparus en pleine jeunesse et inhumés dans nos trois cimetières militaires ». Des héros « à qui nous devons aujourd’hui de vivre libres », à l’exemple de cet autre soldat canadien Alexander JOHNSTON « dont la dépouille, retrouvée en 2008 lors de fouilles sur le site d’Actipôle, reçut des obsèques officielles le 25/10/2011, en présence de son Excellence Marc LORTIE, alors ambassadeur du Canada ». Des hommes « qui nous imposent le devoir de ne pas les oublier, au moment où nous les faisons entrer concrètement dans notre histoire locale avec la création de ce square ». Et c’est bien « ce que nous voulons transmettre aux jeunes » concluait Mme RINGEVAL avant de céder la parole à nos deux invités Mme MIVILLE et M. DESROSIERS, qui l’un comme l’autre soulignaient ce geste d’amitié entre les peuples autant que le devoir de mémoire, en remerciant chaleureusement les élus et la population de Raillencourt Sainte Olle pour cette belle commémoration.

Le mot de la fin revenait à notre député Guy BRICOUT qui rapportait le nombre des canadiens tués et enterrés sur notre seul territoire au lourd bilan déjà évoqué par Mme le Maire à propos de la libération de Cambrai, pour évoquer l’anniversaire de cette autre bataille que le Cambrésis tout entier va bientôt commémorer.

Et la cérémonie s’est achevée par la remise des cadeaux aux deux personnalités invitées, entre la collection complète de la série des Godillots dédicacée par son auteur, l’histoire de la commune et surtout un ancien clairon, retrouvé sur notre sol et gravé aux armes de l’un des régiments canadiens à qui nous devons notre liberté, offert par Christian DHENIN à John DESROSIERS en souvenir de cette commémoration. L’adjoint au maire de Cambrai, délégué aux associations patriotiques et coordinateur de l’événement, concluait d’ailleurs cet échange par une émouvante anecdote sur sa fréquentation précoce de nos cimetières du Commonwealth, pour justifier son propre attachement à notre devoir de mémoire et à l’histoire de notre commune.