Un authentique passeur de mémoire !

D’emblée il donne le ton quand il entre dans la salle de conférences (la salle de La Marlière) vêtu de l’uniforme rutilant de commandant de Cuirassiers. D’un pas martial il gagne le devant de la scène pour vérifier le matériel de projection et se présenter à son auditoire en attendant l’arrivée de Mme le Maire.
En répondant à l’invitation de l’adjoint à la culture, Pierre PAVY est venu en effet nous parler de ces « 100 jours qui ont conduit à la signature de l’armistice ». Car ce passionné d’histoire est avant tout un spécialiste de l’histoire militaire, capable d’aborder tous les sujets, et de nous parler de telle ou telle bataille, d’un régiment en particulier ou des armes et uniformes des belligérants. Et à l’aide de cartes, tel un véritable stratège, pendant une heure, il va ainsi détailler les mouvements de troupes, entre les allemands revenus du front de l’Est pour lancer une contre offensive au printemps 1918, et les armées française, britannique et canadienne, qui les combattent, depuis leur percée victorieuse de la ligne Hindenbourg jusqu’à la libération progressive de notre territoire et la reddition finale.

Sans forcer la voix, d’un ton grave et empreint d’émotion, tout en citant dans leur langue leurs grades et patronymes, il nous fait partager le découragement des soldats allemands affamés, victimes de leur propre stratégie de la terre brûlée, et la détermination des forces alliées, sous le commandement du général Foch, qui les repoussent pas à pas, galvanisés par leurs victoires successives. En évoquant enfin les conditions de l’armistice, et l’isolement  des plénipotentiaires allemands, qu’on a tenu éloignés de la révolution qui gronde déjà dans leur pays, il nous fait mieux comprendre cette double défaite de leur armée, et malgré la fin des combats, la fragilité de la paix qui s’instaure…

A la veille des cérémonies commémoratives de l’armistice, ce qui s’apparentait d’abord à un récit des opérations militaires qui l’ont précédé est devenu au fil de son propos le témoignage vivant d’une guerre fratricide, tel qu’il l’avait déjà démontré auprès de nos élèves en leur faisant manipuler sa collection d’armes et les casques de soldats des deux camps, ou en les mettant en situation de combat dans la boue des tranchées, sous l’oeil ému de leurs institutrices et de Mme le Maire. Une double intervention remarquée et applaudie d’un authentique passeur de mémoire !