Un film "qui dérange"

Car le public s’est vraiment « dérangé », comme on dit chez nous, pour assister à la projection de ce film, malgré le froid hivernal et une alerte météo qui ajoutaient encore au contexte angoissant de ce Cinésoupe, n’était le côté plus convivial de la soirée.
Ciné Soupe Raullencourt
Ciné Soupe Raullencourt
En l’absence de Laurent, initiateur de cette séance, c’est l’adjoint lui-même, ex-vidéothécaire, qui présentait le programme, en remerciant tout d’abord Marie et Myrtille pour avoir tout organisé, de l’installation de la salle à la cuisson de la soupe, en passant par l’épluchage des légumes. Mais la « vérité » pour reprendre le mot du titre, c’est qu’ils avaient du remplacer le film initialement prévu, sorti cette année, par le premier du genre, où Al Gore dénonçait déjà l’inconscience du monde devant les périls du réchauffement climatique. Ce film, également réalisé par David Guggenheim et qui a obtenu l’Oscar du Meilleur film documentaire en 2006, est un véritable cri d’alarme lancé par l’ancien vice-président des Etats-Unis, devenu ensuite prix Nobel de la Paix en 2007, à tous les gouvernants coupables d’ignorer les dangers de ce phénomène.
Et la démonstration fait froid dans le dos, malgré les températures qui ne cessent de grimper, pour reprendre l’image de la grenouille se laissant ainsi cuire à petit feu, devant ce processus irréversible qui entraine la fonte des glaces des deux pôles et bouleverse complètement les écosystèmes. « Une vérité qui dérange » témoigne en effet de cette urgence planétaire dont les états membres de la COP21 ont enfin pris conscience, en signant notamment l’accord de Paris, en décembre 2015, le premier plan international ratifié par 196 pays (dont les USA) pour tenter de maintenir le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2°. Malgré les atermoiements de certains « climatosceptiques » comme l’actuel président des USA, devant la multiplication des catastrophes naturelles et l’accélération de la crise, Al Gore nous propose aujourd’hui différentes manières d’enrayer le processus, et fait l’inventaire des solutions à travers « une suite qui dérange » autant que son premier film, en nous répétant que « le temps de l’action » est venu.
Ciné Soupe Raullencourt
Ciné Soupe Raullencourt
La cinquantaine de personnes présentes ce soir là a bien compris le message et attend la « suite » avec impatience, quand le film sera enfin disponible à la médiathèque. Mais à l’heure où la météo ne cesse d’enregistrer des records de pluie, d’inondations ou d’enneigement, les spectateurs ont préféré se réconforter mutuellement à l’issue de la projection en dégustant une bonne soupe maison !