Un voyage musical parfaitement orchestré

Conçu comme une véritable invitation au voyage dans le temps et autour du monde, le nouveau « concert de printemps » de l’Harmonie a transporté le public de la période plus classique de la vie parisienne à la fin du 19ème siècle, à des musiques plus variées et contemporaines venues d’Orient ou d’Afrique. Mais c’était aussi un concert inaugural car les membres de l’orchestre avaient pris place dans la salle réaménagée et repeinte de la Marlière, comme le soulignait Jean-Marie PETETIN avant de présenter le premier morceau qui nous plongeait dans l’ambiance « plutôt légère et sarcastique » d’un opéra-bouffe, comme cet « Orphée aux enfers » de Jacques Offenbach, joué avec la fantaisie qui convient sous la direction parfaitement maîtrisée de Daniel VALOGNES.

Le ton était donné et la première partie de ce concert voyait se succéder des musiques aussi différentes que ces marches impériales emmenées par les tambours de Guillaume et Clément avec le « major » Stéphane POBEREJKO, puis sous la baguette de Daniel, l’interprétation toute en nuances de ce « Boléro » de Ravel dont le thème était joué successivement par la flûte de Julie et le saxo-alto de Camille, et enfin cette farandole célèbre de Bizet qui faisait revivre la joyeuse atmosphère de la Provence de Daudet au son des fifres et des tambourins.
Après l’entracte, changement de ton et de chef, pour nous faire « swinger » sous la baguette de Clément PETETIN, d’abord à Turin en compagnie d’un jeune compositeur italien et du solo saxo de Guillemette, puis en Iran, avec l’exclusivité d’une oeuvre qui restituait admirablement « les couleurs et les sonorités » d’une danse orientale, grâce encore à la flûte de Julie et au duo de trompettes de Jean-Luc et Hervé. La pièce suivante nous faisait découvrir un nouvel instrument sous la forme d’un djembé venu tout droit de l’Afrique, et dont Guillaume se servait avec une belle dextérité pour nous faire partager « la chaleur et la splendeur » de ce continent. Et « le chef de tribu » poursuivait avec un compositeur rendu célèbre au cinéma par le jingle de « La Panthère rose », en orchestrant un medley de ses meilleures musiques de films, avant de céder le micro au nouveau président Stéphane POBEREJKO qui remerciait à la fois le public pour sa fidélité et les musiciens pour leur prestation.
Après la remise des cadeaux aux différents chefs et le compliment de Mme le Maire, le concert reprenait pour un ultime morceau qui mettait à l’honneur la contrebasse (et son interprète Didier),cet autre instrument offert à l’Harmonie par nos conseillers départementaux (voir compte-rendu de l’AG), dans un morceau bien connu des nordistes. Rien que le titre, « Open swing » de Marcel Chapuis, résume à lui seul le tempo et le genre de ce concert qui a suscité l’ovation du public, tandis que Daniel VALOGNES remerciait ses musiciens et félicitait Clément comme celui qui devrait bientôt lui succéder (au bout de 20 ans de direction) après le concert anniversaire des 90 de l’Harmonie, le 7 octobre prochain.